Autrefois appelé "Pont Maïor", puis "Pont de l'Hôpital" (il débouchait près de l'hôpital des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle), le vieux pont fortifié s'appelle maintenant "Pont de la Légende" en référence à la légende qui s'y rattache.
"Mille cent soixante-dix, ce fut terrible année...
Ecoutez la légende du vieux pont béarnais."
En 1170, Sancie, vicomtesse de Béarn, réside en son château de Sauveterre et attend un heureux événement qui met en joie le pays tout entier. Cependant, son époux, le jeune vicomte de Béarn Gaston V, est tué en terre sarrasine. Au moment où il va "de vie à trépas", Sancie met au monde son enfant "difforme en tout son corps" qui meurt dès les premiers instants. La malignité publique se donne alors libre cours :
"Elle a tué son fils en lui donnant le jour !"
La colère gronde et la raison s’égare. Les barons béarnais et Sanche, roi de Navarre et frère de Sancie, estiment "qu'elle ne peut être justifiée qu'en étant soumise à l'épreuve de l'eau" :
"Ô la terrible épreuve... !"
Le jugement a lieu en présence de "trois mille personnes" groupées aux abords du pont fortifié. En robe blanche, pieds et mains liés, Sancie est alors jetée dans les eaux furibondes du gave.
"L'onde s'est refermée pour emporter sa proie...,
L’angoisse étreint chacun et le remplit d’effroi…,
C'est alors que bientôt, dans l'écume des flots,
Une forme a surgi soulevée par les eaux :
A trois portées de flèches, elle atteint le rivage,
Et chacun reconnaît le douloureux visage,
Eclate alors la joie : Sancie est bien vivante,
Sancie ! Alléluia ! Sancie est innocente !"
Grâce à Dieu, reconnue innocente :
"Elle offrit un manteau couvert de pierreries,
Brodé de longs fils d'or, pour remercier Marie,
Et l'offrit à la Dame du vieux Roc-Amadour..."