Entrez à présent dans l'église. Son ampleur et ses proportions séduisent aussitôt (elle mesure 35 m de long et 20 m de large). Son plan est dit "bénédictin", en forme de croix latine. Elle comprend trois nefs, un transept et trois absides semi-circulaires s'appuyant sur le prolongement de ces nefs. La hauteur de la nef centrale est de 13 m. Baies, ouvertures ébrasées, belles roses à six lobes et oculi aux compartimentages de pierre s'efforcent d'éclairer l'édifice.
Une superposition des styles roman et gothique
A l'examen des voûtes, on peut remarquer deux périodes de construction. Tout d'abord, les chapelles de la Vierge et de saint Joseph présentent une construction romane dans toute sa pureté : arcs doubleaux en plein cintre, voûtement en cul de four. Si les murs porteurs de la voûte sont en pierres inégales, les claveaux de celle-ci sont quant à eux réguliers et parfaitement adaptés à l'architecture romane.
Les trois longues ouvertures de l'abside centrale sont ébrasées vers l'intérieur. Elles éclairent le sanctuaire dont le plafond compte sept nervures articulées autour de la clé de voûte. L'arc triomphal de cette abside repose sur des piles avec socles à ressaut et comporte des colonnes côté chœur et côté transept. Il a été manifestement surélevé sur une base romane. En effet, les colonnes de la première campagne de construction sont coiffées de chapiteaux servant eux-mêmes de base à une deuxième colonnette, elle-même coiffée d'un chapiteau qui reçoit l'arc brisé gothique. Un peu plus loin, au départ de l'hémicycle, deux autres colonnes sans chapiteaux servent de base à deux légères colonnettes, tandis que deux autres colonnettes de part et d'autre de la fenêtre centrale complètent ce système de rehaussement : cette solution a été manifestement adoptée au cours de la deuxième période de construction en vue de recevoir la voûte gothique.
Au-dessus de l'intersection de la nef centrale et du transept, la voûte est divisée en huit compartiments. Dans l'église, les voûtes sont montées sur croisées d'ogives : c'est la deuxième campagne de construction dite gothique. Mais le travail roman apparaît encore à l'examen des piliers, pilastres à colonnes et colonnettes engagées, bases attiques et supports cylindriques ou octogonaux.