Eglise St André - intérieur

Entrez dans l'église. Son ampleur et ses proportions séduisent aussitôt. Son plan est celui dit "bénédictin" en forme de croix latine.

Elle comprend trois nefs, un transept et trois absides semi-circulaires s'appuyant sur le prolongement de ces nefs. Elle mesure 35 m de long, 20 m de large et la hauteur de la nef centrale est de 13 m.

A l'examen des voûtes on peut remarquer deux périodes de cons­truction. Tout d'abord, les chapelles de la Vierge et de St Joseph présen­tent une construction romane dans toute sa pureté : arcs doubleaux en plein cintre, voûtement en cul de four. Si les murs porteurs de la voûte sont en pierres inégales, les claveaux de celle-ci sont, eux, réguliers et parfaitement adaptés à l'architecture romane.

Dans la nef centrale, voici, ébrasées vers l'intérieur, les trois longues ouvertures de l'abside centrale qui éclairent le sanctuaire et dont le plafond compte sept nervures articulées autour de la clé de voûte. L'arc triomphal de cette abside qui repose sur des piles avec socles à ressaut et comportant des colonnes côté chœur et côté transept, a été manifestement surélevé sur une base romane. En effet, les colonnes de la première campagne de construction sont coiffées de chapiteaux servant eux-mêmes de base à une deuxième colonnette, elle-même coiffée d'un chapiteau qui reçoit l'arc brisé gothique. Un peu plus loin, au départ de l'hémicycle, deux autres colonnes, sans chapiteaux, servent de base à deux légères colonnettes, tandis que deux autres colonnettes de part et d'autre de la fenêtre centrale com­plètent ce système de rehaussement : cette solution a été manifes­tement adoptée au cours de la deuxième période de construction en vue de recevoir la voûte gothique.

Au-dessus de l'intersection de la nef centrale et du transept, la voûte est divisée en huit compartiments.

Dans l'église, les voûtes sont montées sur croisées d'ogives : c'est la deuxième campagne de construction dite gothique. Mais le travail roman apparaît encore à l'examen des piliers, pilastres à colonnes et colonnettes engagées, bases attiques et supports cylindriques ou octo­gonaux.

Les chapiteaux représentent souvent un décor végétal de palmettes, de motifs feuillagés, de fruits ronds à pédoncules, parfois de figures humaines. A l'entrée du chœur, sur le pilier gauche, le chapiteau montre deux personnages. L'un tire son énorme langue, l'autre ouvre sa bouche à deux mains: voici le mensonge, voici la gourmandise. Un deuxième chapiteau sur une petite colonne du mur gouttereau Nord, sur votre gauche, à hauteur et à l'arrière du premier pilier, représente une nativité : la Vierge couchée, Joseph à ses pieds et, près de l'Enfant tel une momie enveloppée de bandelettes, les têtes de l'âne et du bœuf. Baies, ouvertures ébrasées, belles roses à 6 lobes, oculi aux compartimentages de pierre s'efforcent d'éclairer l'église.

En sortant, à gauche, près du grand portail, remarquez la petite porte dite Porte des Cagots. Les "mystérieux" cagots, appelés aussi "crestiaas", constituaient une partie rejetée de la population. Descen­daient-ils de Wisigoths, de Sarrazins...? peut-être, mais de lépreux certai­nement pas. Ils subissaient de nombreuses vexations : interdiction de laver leur linge dans les fontaines publiques, de marcher pieds nus..., obligation de porter le signe distinctif de la patte d'oie..., mais aussi dans les églises où ils avaient une place à part, le grand portail leur étant interdit, cette petite porte, ici, leur était réservée...

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